Un village posé sur les alluvions de l’Arve
Nangy réunit un peu moins de mille huit cents habitants au débouché de la vallée de l’Arve, sur le territoire d’Arve et Salève. Le village ancien, ses fermes et ses maisons de bourg voisinent désormais avec des lotissements pavillonnaires et des zones d’activité installées sur les terrains plats du fond de vallée. Ce sous-sol est constitué d’alluvions déposées par la rivière, sables et graviers gorgés d’eau, dans lesquels la nappe se maintient à faible profondeur. La configuration change dès que l’on monte vers les coteaux voisins, du côté de Lucinges, où l’eau circule tout autrement. À Nangy, elle est simplement là, en permanence, sous les fondations.
Quand le terrain rend toute observation trompeuse
Un sous-sol bâti dans ces alluvions vit avec l’humidité. Le niveau de la nappe monte à la fonte et après les épisodes pluvieux, les murs enterrés se chargent, le salpêtre apparaît, une flaque se forme au point bas. Rien de tout cela ne désigne une canalisation percée, et pourtant c’est ce que l’on suppose spontanément. À l’inverse, une véritable fuite se dissimule parfaitement dans ce décor : l’eau qui s’échappe rejoint la nappe sans former ni tache nouvelle ni ruissellement visible, et le désordre passe pour une fatalité du terrain. À Nangy, l’observation seule ne permet donc de conclure ni dans un sens ni dans l’autre, et c’est ce piège qui fait perdre le plus de temps.
Ateliers, entrepôts et grandes dalles
Les bâtiments d’activité de Nangy ajoutent leurs contraintes propres. Un atelier ou un entrepôt repose sur une dalle de forte épaisseur, sous laquelle chemine parfois l’alimentation générale, hors d’atteinte. Les réseaux y sont longs, ramifiés vers des points d’eau éloignés, et la consommation nocturne n’est presque jamais suivie. Une perte de plusieurs mètres cubes par semaine peut ainsi se maintenir sans que l’exploitation en souffre, jusqu’à ce qu’une facture attire l’attention. Ces sites imposent en outre de travailler sans interrompre l’activité, ce qui exclut de couper l’eau pendant des heures et oriente vers les méthodes non intrusives.
Isoler le réseau, puis instrumenter
La démarche commence par une mise à l’épreuve du réseau : fermeture générale, relevé de l’index, seconde lecture deux heures plus tard. Un compteur qui tourne alors que tout est fermé établit la perte et écarte définitivement l’hypothèse de la nappe. La recherche instrumentée peut alors commencer. L’électro-acoustique écoute la conduite en charge, y compris sous une dalle industrielle, et resserre progressivement la zone. Le gaz traceur prend le relais dès que le tronçon suspect passe en terre, car il traverse les graviers saturés qui étouffent les bruits. La caméra thermique sert sur les circuits d’eau chaude, et l’inspection caméra contrôle les évacuations enterrées souvent mises en cause dans ces sous-sols.
La venue sur le secteur d’Arve et Salève
Le secteur d’Arve et Salève est intégré à la tournée qui dessert le bas de la vallée ; l’intervention prend place sous 24 à 48 heures, un même passage pouvant couvrir Nangy et une adresse d’Arthaz-Pont-Notre-Dame. Le devis est fourni gratuitement en amont. Le dossier remis distingue clairement l’eau du réseau de celle du terrain, appuyé sur les mesures et les images : c’est cette démonstration que la convention IRSI exige avant toute indemnisation.