Un bourg de la vallée du Risse et ses hameaux
Saint-Jeoire compte près de trois mille cinq cents habitants, installés autour d’un bourg groupé que prolongent des hameaux dispersés sur les versants. La communauté de communes des Quatre Rivières fédère ce territoire de moyenne montagne. Le centre ancien réunit des maisons accolées, des cours intérieures et des passages étroits ; les quartiers plus récents s’égrènent vers le fond de vallée et vers la route qui mène à Taninges. Sous ces rues et ces cours, les réseaux d’évacuation ont parfois cent ans, avec des collecteurs en grès, en fonte ou en ciment, repris par morceaux au gré des raccordements successifs. C’est ce sous-sol-là, rarement documenté, qui produit les désordres les plus déroutants.
Un compteur immobile n’innocente pas le réseau
Le réflexe consistant à surveiller l’index est bon, mais il ne couvre que la moitié du problème. Une canalisation d’alimentation percée fait tourner le compteur en permanence ; une évacuation fuyarde, elle, ne consomme rien du tout. L’eau usée s’échappe seulement au moment des vidanges, par un joint déboîté, une fissure de collecteur ou un raccord descellé, puis imprègne les remblais autour du bâtiment. Le résultat est un mur qui reste mouillé en pied, un enduit qui cloque, du salpêtre, et souvent une odeur qui revient par temps chaud. Dans les maisons anciennes de Saint-Jeoire, ce tableau est régulièrement attribué à des remontées capillaires, alors que la cause est un conduit percé à un mètre de la façade.
Caméra dans le conduit, colorant dans le siphon
Deux outils répondent précisément à cette situation. L’inspection par caméra parcourt l’évacuation depuis un regard ou un tampon de visite et filme l’intérieur du conduit : la casse, la contre-pente, l’intrusion de racines et le point de déboîtement deviennent visibles, avec un métrage qui donne la distance exacte depuis le point d’entrée. Le colorant fluorescéine complète l’examen quand plusieurs circuits se croisent : versé dans un appareil déterminé, il révèle lequel alimente réellement la zone humide. Si un doute subsiste sur une alimentation enterrée voisine, le gaz traceur tranche en désignant la canalisation sous pression en cause à Saint-Jeoire.
Un créneau dans la semaine, un dossier ensuite
Le secteur est parcouru lors des tournées de la Haute-Savoie. Une visite à Saint-Jeoire s’organise sous 24 à 48 heures, parfois lors de la même sortie qu’une recherche à Saint-André-de-Boëge. Le devis annoncé avant le déplacement est gratuit. Le rapport transmis ensuite décrit le conduit défectueux, sa profondeur, son emplacement repéré depuis la surface et les images enregistrées : autant d’éléments qu’un assureur exige pour ouvrir un dossier sous convention IRSI. Cette localisation permet aussi au terrassier de n’ouvrir qu’une fouille étroite dans une cour ou une voirie de Saint-Jeoire, au lieu de dégager la canalisation sur toute sa longueur.