Un petit village étagé de la haute vallée de l’Arc
Moins de cinq cents personnes habitent Saint-André, commune rattachée à l’intercommunalité Haute Maurienne Vanoise. Le territoire s’étage sur un versant, du fond de la vallée de l’Arc jusqu’aux hameaux perchés bien au-dessus, ce qui multiplie les situations : bâtisses anciennes en pierre associant logement et ancienne partie agricole, granges transformées en habitation, quelques constructions récentes. Une part importante de ce parc n’est habitée que par saisons, et l’hiver y dure longtemps. Le trait dominant de Saint-André reste la présence permanente de l’eau, sous forme de torrents, de sources captées et de résurgences qui traversent les parcelles. En descendant la vallée, la ville de Saint-Jean-de-Maurienne offre un contraste net avec ce mode d’habitat dispersé.
Eau de la montagne, eau du réseau : deux origines
Un mur de cave humide à Saint-André n’a rien d’exceptionnel, et c’est précisément ce qui rend le diagnostic délicat. Une source qui a changé de trajet après un hiver chargé, un drain ancien colmaté, un ruissellement de fonte qui contourne un mur de soutènement produisent la même tache qu’une conduite percée. Trois éléments distinguent pourtant les deux familles. L’eau du réseau coule toute l’année sans lien avec la météo, elle fait tourner le compteur robinets fermés et son débit reste régulier. L’eau de montagne, elle, suit les précipitations et la fonte. À ces cas s’ajoutent les ruptures franches dues au gel, sur les alimentations extérieures, les abreuvoirs et les portions traversant une grange non chauffée, qui ne se révèlent qu’à la remise en eau. Rouvrir la vanne générale progressivement limite fortement ce risque.
Les mesures qui permettent de trancher
Sur un versant, l’observation ne suffit jamais, il faut mesurer. Le contrôle de l’installation privative sous pression, tous les puisages fermés, sépare d’emblée les deux hypothèses. Vient ensuite l’écoute électro-acoustique, qui capte le bruit d’un échappement sous une dalle ou dans un mur épais, là où aucune trace n’apparaît. La caméra thermique distingue l’humidité froide venue du terrain d’un circuit d’eau chaude en défaut, y compris derrière un lambris, situation courante dans les maisons rénovées de Saint-André. Pour une amenée enterrée reliant un hameau à une habitation, le gaz traceur donne le point de rupture au travers du remblai. Enfin, le colorant fluorescéine établit le cheminement réel d’une eau suspectée de provenir d’un drain ou d’une source.
Fixer la date et réunir les justificatifs
La haute Maurienne est desservie lors des tournées organisées dans la vallée, et le technicien se déplace dans un délai de un à deux jours, Saint-André étant regroupé avec les demandes remontant de La Chambre et du haut de la vallée vers Bourg-Saint-Maurice. Le devis est établi sans frais en amont. Le compte rendu remis à Saint-André décrit l’origine retenue, rassemble les clichés et qualifie précisément le désordre. Cette qualification commande la suite : un dégât consécutif à une canalisation rompue relève de la convention IRSI, une venue d’eau naturelle n’ouvre pas les mêmes droits.